MUSIQUE DES LETTRES

by ROUDA

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1.
Le hurlement du sourd Parce que l’histoire commence sur le boulevard Ménilmontant Et que pour cette musique des lettres j’ai vraiment pris mon temps Parce qu’on est toujours un peu seul dans nos silences et nos sourires trop distants Parce qu’on a traversé le deuil sous les flocons de neige d’un ciel trop menaçant Parce qu’en six ans ouais j’en ai fait des soirées slam Dans ces cafés à savourer tous ces instants qui caressent l’âme Parce que l’oralité se partage autour d’une scène autour d’une table Et qu’à douze ans j’avais déjà quelques quatrains dans mon cartable Parce que l’home reste un animal qui s’habitue à tout Et qu’on apprend à se relever seulement si on prend des coups Parce qu’entre deux notes j’aimerai saisir le hurlement du sourd Ce cri sans gorge et sans glotte qui combat l’ironie du sort Parce qu’on écrit un peu partout pour que nos paroles restent fugitives Et qu’on ira jusqu’au bout jusqu’à ce que poème s’ensuive Parce que j’aurai encore longtemps cette boule nouée au fond du ventre Et que je ne suis pas mort si ma musique est vivante
2.
Donnez-moi ma chance Mon Hip Hop m’accompagne de la ville à la campagne C’est ma meilleure compagnie quand je suis perdu dans mes montagnes Il renforce mon mental et quand j’ai froid il me sert de pagne Et quand j’ai faim il me sert de pain et que je tombe il me sert de poignée Avec lui je me sens de taille à dormir sur la paille Sans princesse orientale en souhaitant que le destin m’épargne Je parle comme je rappe et rappe autant que j’en parle Je n’en rajoute pas car dans cette partie de cartes je suis venu prendre ma part C’est juste un rappeur de plus sur Paris Une brindille qui a poussé dans un couloir de bus Le fruit d’une mauvaise graine mélange de sentiments de joie de haine Je sais que tous me comprennent je rappe pour ceux que la vie comprime Une capuche sur la tête et dans ma poche quelques compresses J’ai ma gouttière pour faire la fête quelques sanglots pour tous les traîtres Je sais que le temps me presse et parfois même que je pourrais presque Saisir cette chance et pourquoi pas en faire une fresque Mais donnez-moi ma chance et ne me dîtes pas que je l’ai volée J’ai toujours les mêmes rêves être invisible et pouvoir voler Ma foi je suis écrivain les mots sans moi s’ennuient Mais moi sans eux c’est rien alors ma plume embrase mes nuits Mais donnez-moi ma chance et ne me dîtes pas que je l’ai volée J’ai toujours les mêmes rêves être invisible et pouvoir voler Des petits bouts de papier qui s’envolent pour l’éternité Décrivent mon destin et le dessin de ma réalité Mon Hip Hop est ma flamme il me réchauffe et il me soigne Tempère mes états d’âme et les éclaire de lumière diaphane Et même si mes ailes crament que mes habits sont toujours crades C’est le seul de mes amis qu’empêche la tempête dans mon crâne C’est un vaccin contre la crainte une main tendue avant la chute Un bel écrin pour tous mes doutes et mon crayon une douce étreinte Car mes pensées sont simples et dans ma tête il y a deux enceintes Où se répètent toutes sortent de samples parmi lesquelles « Faudrait que je m’en sorte » faudrait qu’on sorte Qu’on jette un sort au coquin de sort qu’on pète le score Ou bien que nos textes soient lettres mortes faudrait qu’on pète On se sent plus fort avec ses potes faudrait qu’on se porte Hip Hop français protège ton coffre fort Je ne suis pas très fort de coffre ni vraiment trop précoce Mais pour ce tour de force j’ai du ramasser des corps Et puis renforcer l’écorce afin de prouver que j’ai l’étoffe
3.
Visions d'Afrique Multivisions d’Afrique misère et guerre sur nos écrans géants L’écart se creuse à pas de géant mais rien n’est moins gênant A croire qu’il y a dans nos gênes un chromosome d’indifférence Et quelques milligrammes de honte pour tout ce qu’a fait la France Elle s’est sentie coupable donnant aux places des noms d’indépendance Mais dans la salle de classe le cours d’Histoire absorbe les tâches de sang Et je suis qu’un tout petit blanc qu’a écrit ce texte sur un tout petit banc Et ma vision d’Afrique je la restitue en titubant Pas frère de sang mon frère mais frère de béton frais Ou frère de son si tu préfères les mystères intrigants Comme avant-goût d’enfer j’ai pas connu le goût du fer Ni peine de prison ferme pour ma couleur depuis la cour des grands Je suis le petit fils des pires brigands et malgré moi le descendant des colons d’Occident Je viderai mes cartouches d’encre et mélangerai le blanc à toutes les couleurs pourpres Pour accoucher d’une écriture métisse Moi je voudrais raconter des contes avec un tout petit peu d’écoute Et j’emmerde Benetton gros con trouve une couleur au son On est pas frères de sang on sera au moins frères de béton Nous caresserons le vent avec le pigment de nos peaux Moi je voudrais raconter des contes avec un tout petit peu d’écoute Et j’emmerde Benetton gros con trouve une couleur au son Mais je suis qu’un tout petit blanc qu’a écrit ce texte sur un tout petit banc Et ma vision d’Afrique je la restitue en titubant J’ai fait un rêve étrange un rêve en noir et blanc Un rêve que j’écris blanc sur noir dans le silence d’un tremblement Un rêve où les couleurs s’inversent comme les deux pôles d’un aimant Un rêve où les nuages s’arrêtent car hier soir la lune est morte J’ai vu la lune devenir noire et même la nuit devenir blanche Des idées blanches au marché noir une magie noire chauffée à blanc Dans le blanc de l’œil je vois tout en noir Lecture du premier roman noir à marquer d’une pierre blanche Je suis blanc comme neige je travaille au noir Derrière mes lunettes noires mon regard noir tire des balles à blanc Et puis le rêve s’arrête et dans mon texte y’a comme un blanc Je suis assis sur un banc Et comme dans un trou noir je ne sais plus ce qui est noir ou blanc Ça s’est passé au métro Blanche à la sortie d’un couloir noir On m’avait laissé carte blanche pour retranscrire ce que j’ai cru voir Alors j’ai dit que j’ai fait un rêve J’aurai pu faire un texte plein de dérision et de potentiel comique Raconter quelques blagues à base d’Africains squelettiques J’aurai pu faire un texte aux dimensions écologiques Du genre je milite dans une association de défense des éléphants et des visions d’Afrique J’aurai pu faire un texte avec une réelle profondeur tragique Sur un ton pathétique avec force de détails sur l’origine du sang qui gicle J’aurai pu faire un texte avec des cartes des chiffres et tout plein de statistiques Me la jouer géographe avec un semblant de discours didactique J’aurai pu faire un texte bien formaté et bien démagogique Vous parler du sida et des contrats cachés pharmaceutiques J’aurai pu faire un texte en me passant de rimes en –iques Vous voyez bien que c’est impossible alors promis je m’en passerai pour la suite
4.
Les poètes se cachent pour écrire Les poésies se cachent et la plupart naissent lorsque le jour se lève Au moment où les yeux se mouillent et volent comme un voile que le vent soulève Je me cache pour écrire ce que ne sauraient dire mes lèvres Ce que ne saurait dire la lune qui m'envoie ses rêves qui dévorent Les sentiments que le cœur refoule s'expriment dans mes paragraphes S'impriment dans le cœur des foules comme le ciment marqué par un graff Mon stylo et ma main sont comme reliés par une greffe Je m'accroche aux parois mais je n'ai pas assez de griffes Les poètes se cachent pour écrire, moi à chaque fois j'ouvre une parenthèse Où le temps se suspend, où mon esprit surpasse toutes mes hantises On a encore sur nos peaux les empreintes de la glaise Qui s'asséchera d'un coup avant que Souleymane se taise Le silence m'étouffe, mais je reprends mon souffle à chaque mot Qui me recouvrent d'une étoffe à une époque où les princesses n'embrassent plus les crapauds L'écriture me délivre, elle ouvre des espaces clos Dessine des fleurs sur la peau de l'éclopé au sourire presque éclos C'est pas que j'ai pas de mémoire, mais c'est un vaste trou Où je me perds lorsque le ciel est noir et que je déteste tout Les poètes se cachent pour écrire alors cette fois j'oublie tout Mes défauts, mes atouts, mes défis, mes atomes, moi j'suis fou de ce thème et c'est tout Les poètes se cachent pour écrire, Souleymane regarde nous On est sortis de notre cachette et maintenant on vous regarde vous
5.
Dernière cartouche Souleymane Diamanka J’écrirai nuit et jour comme si ma vie en dépendait Et je serai imbattable au combat des vents d’est Comme si c’était ma propre mère que je défendais Je serai la plume humaine de la poésie si elle me le demandait Je courrai après l’horizon de mes rêves jusqu’à le devancer Je vivrai d’amour et de phrases avec des milliers de vœux à dépenser Je deviendrai poète et j’inventerai un ciel raturé par un vent torrentiel Et je raconterai l’histoire du miracle vagabond Fils d’une prophétie trop ancienne Je danserai au milieu des serpents En chantant le serment du faiseur de pluie Je lirai la partition des mélodies du ghetto Qui porte encore l’odeur des taudis maudits Pour que la poésie se propage Comme une épidémie positive Je tiendrai ces murmures comme si c’était ma forteresse Et j’écrirai cette dernière ligne à même ton âme Pour être sur que la métaphore te reste Rouda Je fabriquerai en secret des poèmes clandestins J’écrirai juste pour écrire même pas pour un grand destin Je consignerai l’instant où le rêve se crée dans de grands cahiers à dessin Je laisserai mon empreinte avec de la craie de la cendre ou du sang Je resterai parfois muet ou je dirai tu n’as qu’à lire Entre les lignes de front toutes les raisons de ma colère Je rêverai à l’air libre et vivrai libre comme l’art Et tous les livres ouverts auront des allures de trésor Je ne serai pas un porte-parole mais je laisserai mes paroles clouées sur les portes Et nous ferons du prose à porte en une cohorte de poètes télépathes Je forgerai des lettres à l’encre forte j’écrirai des poèmes d’un seul mot Je ne les dirai qu’une seule fois je garderai mes manières de sale môme J’userai de vers sans attache sans papiers sans abri sans estime J’inventerai des paroles hologrammes et planétaires du fait du vent J’irai cacher mes vérités au plus profond des mes rétines Et d’un regard je vous dirai je vais résister en existant
6.
Paris Canaille ... Paris racaille Rouda J’ai mis mes pompes mon Lévi-Strauss j’ai vu les rades les p’tits bistrots Les vrais prolos les aristos appelle-moi titi parigot ! Oh ! Maraîchers Saint-Fargeau bouches d’égout caniveau Boulevard Davout les maréchaux pourtant j’suis né à Croix-de-Chavaux J’aime ma ville son bruit de foule ses battements de cils et ses dessous Quand dans la nuit Paris se saoule parfois y’a de quoi devenir fou Fou ! Paris s’enivre Paris s’en fout Paris canaille car sans le sou Et sans ses rues j’avoue je ne suis rien du tout J’aime le Paris pourri, Paris chéri, Paris pour y courir Paris taudis barricades et cafés populaires J’aime le Paris touriste, Paris che-ri, Paris torride J’aime le Paris triste et ses colères spectaculaires J’aime Paris la ville qui m’a vu naître La ville qui m’a vu pleurer tomber glander sombrer Trouver toutes les portées et toutes les notes de la Musique des Lettres Paris canaille, Paris marlou, Paris filou, Paris chelou, Paris relou, Paris c’est flou, Paris c’est fou Paris ma ville aux yeux de loup Paris racaille, Paris bandit, Paris dandy, Paris taudis, Paris caddie, Paris ça te dit, Paris maudit C’est dans Paris que j’ai grandi Neobled 83 Paris m'a vu naitre du fruit d'un amour perdu Je n'ai jamais choisi d'être Paris la grande elle était déjà là à mon arrivée et le sera bien longtemps après mon départ On se s'ra au moins croisé Tu m'auras vu cul nu faible à genoux, dépassé, fort et même la rage au ventre Tu m'auras vu me relever On s'ressemble tu m'as appris à lire sur le pavé J’ai déjà pris les paris rien à faire pour moi s'en est joué Paris un de mes organes une partie de moi même J’aurais peine à vivre sans un poumon alors que ferais-je sans elle Tu m'as connu tu m'emporteras à jamais dans ces rues Et dans ces quartiers ou rough j'ai appris à marcher Paris saigne paris je t'ai haï Paris Paris je t'aime pourtant paris on s'est pas choisi Paris parti pourtant paris reste joli poli Paris passe d'abord même si j'adore le Paris pourri Lyor A 10 balais je dévale les allées de Paris Belleville, A l’époque la vie se dévoile ma mère me disait : « t’fais pas d’bile » Pas d’bol ! Les soucis déboulent, de Boule et Bill on passe à kill Bill Blasé, on veut devenir le plus mauvais parmi les vils Pour me débarrasser de mes pensées entassées, embrasées, J’ai embrassé Paris ses rues, ses vues, ses avenues encrassées A Ménilmontant, j’passais mon temps, r’montant mon passé Je n’ai cessé d’observer les enfants, les fous, les cassés A 20 piges, le Paris des innocents déraille Et là tu piges qu’il faut le goût du sang dans Paris racaille Et tu sauras que quand on parle des pigeons de Paname Il ne s’agit pas forcément du sale animal qui donne le vague à l’âme Aussi en vogue chez l’homme assurant la survie du parigot Des petits vols, des petits deals, des délits à tire l’arigot Welcome to paname, messieurs, mesdames, c’est so super ! Les asticots sont devenus les poulbos de ce millénaire !!
7.
Parlez-moi d'amour Tu veux que je te parle de rue que je ne te parle plus de barres de rire Que je parle de …. te dire que toutes nos fantaisies Au coin de nos avenues sont devenues délits Que cinq jeunes qui s’attroupent est un danger plus grand que mille mendiants à New Delhi Tu veux que je parle de droits de l’homme te dire qu’en France Ce n’est qu’une apparence qu’on efface d’un coup de gomme sans que personne ne le soupçonne Ou bien que je parle de flics de répression de ce qu’elle implique Te dire que les coups de pression sont devenus systématiques Qu’il faudrait de nouveaux mots à inventer pour décrypter tout ce que le système applique : Pauvricide médialiénation télémagogique Tu veux que je parle de ces hommes de ces femmes qu’on enferme Qui ont beau crier « Sésame ouvre-toi » ce sont toujours de lourdes portes qui se referment Ou bien que je parle des mécanismes qui désinforment Des nouvelles formes de violence légitime le monopole des élites se renforcent Tu veux que je parle des moins de 25 ans qui gagnent leur pain mais perdent leur temps Dans des contrats précaires des pseudos missions d’intérim Ou bien que je te dise de cette machine pleine de surprises Qu’elle fera de nos petits de nos bambins une putain d’armée de Mesrine La médecine pour les riches voilà ce qui se dessine Et nous pourrons crever au bas de l’affiche voilà ce qu’on nous destine Tu veux que je parle des conditions de vie dans les prisons françaises Te dire qu’on y torture qu’on censure les suicides dans le silence de glaciales parenthèses Ou bien que je parle des bavures policières par nature Forcément confidentielles et certainement nocturnes Te dire que des quartiers entiers vivent à l’écart des fantômes gris Cernés par des cars de bleus dans un décor horrible tout planté d’arbres morts Tu veux que je te dise que le pouvoir est comme un livre Ecrit à l’encre noir de pulsions divisibles Que la justice n’est pas aveugle que ses coulisses sont invisibles Pour la police faut même pas le DEUG donc je préférerai l’usine Même si les réseaux s’enracinent dans des principes indicibles Entre Raison et Narcisse et dans l’odeur d’un racisme ambiant Tu veux que je te parle des 39 heures d’un standardiste Du ventre vide d’un Rmiste du sourire satisfait de nos patrons sinistres Ou bien que je parle de tous ces logements vides tandis que des milliers de sans-abri Survivent dans le froid et la faim d’un bol de riz Tu veux que je parle des charters surchargés qui s’arrachent du sol Des amours clandestines que nos frontières âgées consolent Ou bien que je dise des travailleurs migrants qu’ils dorment dans les sous-sols Des ministères qu’ils ont construits dans les odeurs d’aérosol
8.
Merci Rouda Merci maman de m'avoir fait naître dans le bon pays, Merci aussi pour cette enfance même si des fois j'ai désobéi. Merci de nous avoir donné la chance, d'avoir consolé nos souffrances, D'avoir rempli le vide par ta présence. Merci pour tes paroles si douces, merci pour tes caresses et pour ma première trousse. Merci aussi pour ta compréhension, tes coups de pression et ta patience, Ta compassion et tes silences, ton attention et ta confiance. A côté de toi on a grandi, c'était pas le luxe ni un taudis, Mais grâce à toi on a appris à apprécier la vie et puis, On a compris que toute chose avait un prix, Que les rêves les plus fous pouvaient finir au fond d'un puits. Merci aussi d'avoir compris nos envies, supporté nos sorties, Donné ton avis sur nos amis, de nous avoir averti… On est sorti de ton ventre, et puis le notre tu l'as rempli, Pansé nos plaies, séché nos larmes et accepté l'oubli. Merci à toi, pour le toit, pour tout, et pour le temps que tu aurais passé pour toi. Maman, j'te remercie tous les jours, même si le gosse que j'suis toujours, T'as causé des soucis, acceptes mon récit d'amour. Omea La vie est faite de choix difficiles à assumer Tu es parti laissant tes deux fils ici assommés Par l’annonce de ton départ t’as laissé une mère en pleurs Tu nous as laissé un de ces soirs où tu nous as brisé le cœur Et les autres me demandaient pourquoi je ne dansais pas Je leur disais seulement que moi j’avais pas le cœur à ça Ça cicatrise les blessures mais une famille sans père n’en est plus une c’est une cassure Chez nous maintenant maman pleure J’étais enfant je suis passé homme de la maison en une heure C’était comme tomber dans un puits sans fonds La vie c’est comme ça certains s’élèvent d’autres s’enfoncent D’autres tombent et ne se relèvent pas Aujourd’hui ce que je pourrais te dire tu m’as manqué papa Pourquoi tout ça nous a conduit à ton absence En réponse il a fallu accepter ton silence
9.
Juste une période de ma vie Ca s’est passé une nuit d’été et ce soir là il faisait chaud J’étais un lion en liberté avant d’entrer dans un cachot Apprendre à vivre autrement, courir seulement dans mes pensées Accepter d’être différent pour continuer d’avancer Pardonnez-moi Messieurs Mesdames pour ce début de texte un peu brutal Moi non plus je n’étais pas prêt, depuis j’ai travaillé mon mental J’ai sué pour récupérer quelques gestes et pour retrouver l’envie Je n’oublierai jamais tout le reste mais c’est juste un période de ma vie Ça c’est passé une nuit d’hiver et ce soir là il faisait froid Mais dans la course des étoiles la lune semblait nous dire à tous « s’il te plaît tais-toi » Le caniveau charriait nos larmes et les échos de nos sanglots nous étouffaient Nous venions de déposer les armes c’est con je pensais avoir tout fait Pardonnez-moi messieurs mesdames peut-être que je manque de pudeur A dérouler le tapis des mes drames de mes colères de mes douleurs Mais le poète reste incompris comme le marin sans son navire Dans ces mystères faîtes le tri c’est juste une période de ma vie Ca s’est passé dans un grand bureau dirigé par une bande de voleurs Pendant 4 ans, ça a été chaud de faire le grand écart avec mes valeurs Au début c’était marrant, mais jamais vraiment passionnel Aujourd’hui j’ai choisi entre aimer ma vie et une belle carrière professionnelle Vous moquez pas Messieurs Mesdames en m’imaginant bien habillé Dans un univers marketing où les seules stars sont les billets En partant, j’ai volé une agrafeuse, un bâton de colle et un préavis J’ai encore des chemises dans un placard mais c’est juste une période de ma vie Ça c’est passé dans un tout petit bureau avec des vieilles coincées du cul Et puis des cons à tête d’écrou emmêlés dans de vieux rideaux Je me la racontais avec mes potes et je leur disais « Si si les gars je vous jure j’ai un super boulot » Mais cette époque s’est prise un stop le jour où on m’a dit : « Rouda t’es convoqué chez la dirlo » Vous moquez pas messieurs mesdames c’était une première fois et mon dernier licenciement Mais il m’a suffit d’une fois pour voir que DRH ne rime pas avec le mot « sentiment » Ils voulaient voir ma rage mais ce jour là je crois que j’ai ri Et puis j’ai tourné la page c’est juste une période de ma vie C’est juste une période de ma vie j’y mets des joies j’y mets des peines J’y mets mes regrets mes envies et quelques milligrammes de haine C’est juste une période de ma vie je sais même pas pourquoi je t’en parle Je te connais depuis deux minutes et demi mais faut que je m’arrête je te sens tout pâle Ca s’est passé un jour de printemps, mon cœur a battu super vite Dès que je la voyais mes yeux brillaient et y’avait de la buée sur les vitres Je voulais son bien être plus que le mien et ça j’avais pas l’habitude Celui qui la touche, je lui brise les reins, c’était ça ma seule certitude Vous êtes émus Messieurs Mesdames en voyant un grand con amoureux Je voyais notre chemin tout tracé, j’étais confiant, c’est dangereux Car quand nos routes se sont séparées, c’est un coup de poignard que j’ai pris Et j’ai compris avec dépit que c’est juste une période de ma vie Ça s’est passé un jour d’automne et dans mon cœur j’ai ressenti la fission des atomes Si j’avais été sourd j’aurais jeté mon sonotone pour la musique de cette femme Et même l’aveugle aurait brisé sa canne pour voir cette beauté créée par les hommes Quand dans ma rue on disait : « Elle fait mal au crâne » de peur d’être brûlé par la flamme Vous êtes émus messieurs mesdames mais cette histoire a nourri des sitcoms Et puis apaisé mes nuits blanches comme une pommade qui me calme Je vous le jure plein de chanteurs entonnent pour elle des mélodies Moi je la chante tous les jours c’est juste une période de ma vie Ca s’est passé dans un petit bar, j’étais venu avec Jacky J’ai vu des gens poser des textes, je lui ai demandé c’est qui (…) J’ai regardé, j’ai écouté et je me suis pris une grande baffe Aujourd’hui dans ma chaîne hi-fi, j’entends nos voix sortir des baffles Ce n’est que du slam Messieurs Mesdames et j’espère que vous appréciez La poésie du macadam, j’y consacre des moments précieux J’ai des rimes plein la gorge mais si vous voulez mon avis Si ça se trouve c’est comme tout le reste c’est juste une période de ma vie Ça s’est passé dans un petit bar le Côté Zèbre ou l’Union Bar On y était tous trois fois par semaine y’avait personne y’avait pas de stars Y’avait que des poètes avec des nouvelles phases qui finissaient en « nénuphar » C’était la joie et l’insouciance et l’encre débordait des buvards Ce n’est que du slam messieurs mesdames c’est juste un moment entre nous Où les frontières deviennent instables entre les tables et ceux qui sont debout Et sur l’estrade y’a deux poètes c’est quand même autre chose que Lorrie Dans vous sourires j’ai vu mes cris c’est juste une période de ma vie
10.
La vénusienne C'est une vénusienne, elle n'est pas de la même planète Lorsqu'elle ouvre ses persiennes, ses yeux projettent des comètes Notre passion n'est pas ancienne, chaque matin je la vois renaître Et chaque soir, j'espère un signe, ma vénusienne à sa fenêtre. Ces boucles douces sont des fragments de dentelle Et son iris souple propulse des poussières de ciel Elle ne laisse pas de traces, ses tresses sont trop sensibles A la fonte des glaces, elle se disperse en grains de sable. C'est une vénusienne, elle n'est pas de la même planète J'aimerais que mes pensées soient siennes, dans le sillage de ses comètes. Sa peau comme ses pupilles palpitent Appel de l'épaule et sourire du papillon Rayons couleurs de paille pour lesquels je fais le pitre Des ronds dans de l'eau pâle pour des navires sans pavillons. C'est une vénusienne, elle n'est pas de la même planète J'espère qu'en ses persiennes, elle s'aperçoit que je pense à elle. Elle est fragile ma vénusienne, femme de pierre aux pieds d'argile Je la vois pleurer en regardant le ciel Elle cherche ses origines et se demande où sont les siennes, Les autres vénusiennes l'imaginent éprise d'une passion terrienne. C'est une vénusienne, elle aimerait rejoindre sa planète, Tout seul en bas de ses persiennes, je veux juste une place dans sa tête.
11.
L'avenir dans les larmes On avait enlacé nos initiales sur l’écorce d’un vieil arbre Princesse du Macadam et Brindille de Panam Tu m’as pris dans tes bras je t’ai embrassé dans le cou Et quand j’y pense je ne rigole pas mon cœur s’emballe donc s’il te plaît écoute Je revois ce petit banc je repasse souvent devant Il est toujours planté derrière la place Pigalle De nos secrets il a tout vu de nos étreintes il connaît tout Histoire inscrite dans la rue jusqu’à notre dernier rendez-vous Jusqu’à ce jour je n’ai pas trop fait de vagues J’ai gardé le sourire du sourd et le regard dans le vague Je garde le souvenir de moments savoureux Qu’on avait arraché au sable de nos plus sombres vœux On se disait amoureux ensemble donc invincibles Deux solitaires issus d’une ville aux rêves les plus inaccessibles On se disait sur l’avenir nos craintes gravissimes On disait de nos vies qu’elles ne seraient plus des pentes ingravissables J’ai gravé ça dans ma mémoire et chaque soir pour ces moments que je commémore Je pose une bougie sur la table Et de la cire la nostalgie déborde Pourtant notre amour dort sous une plaque de marbre On s’était promis monts et merveilles pour l’éternité On riait même dans notre sommeil et chaque hiver avait la chaleur de l’été Allez laisse-moi te dire encore une fois cette pensée condamnable Je peux lire l’avenir dans tes larmes Car maintenant je peux lire mon avenir dans tes larmes L’arme à gauche elles coulent comme lave Ou comme l’eau de pluie sur l’âme Des gouttes qui se lovent dévoilent au fil d’une froide lame Mon avenir dans tes larmes Tu m’as donné un nom tu as certainement contribué au choix de mon prénom Tu m’as appris à ta façon que quand c’est non c’est non Mais quand c’est long c’est long les conséquences nous feront dire C’est con c’est con Donc dis-moi juste une fois si tu sais quand les petits enfants deviennent de grands adultes Tu t’es sé-ca et tu croyais qu’on jouait encore au dix de chute Si tu savais qu’on se cachait et qu’un de tes fils vendait du chit Ça on le savait tu te serais fâché mais bon à quoi ça sert que je m’agite Vu que tu n’es plus ici que nos soucis ne te concernent plus Et quelle que soit la part de nos moments tragiques Ce sera toujours la trajectoire du sang qui gicle Tu sais papa je ne t’ai jamais parlé comme ça Mais moi aussi tu vois je ne pensais pas pouvoir en être capable Pourtant je n’ai même plus de cartable j’ai juste pris un stylo Une feuille pour l’écrire sur un petit coin de table Jusqu’à ce jour je n’ai pas trop fait de vagues J’ai gardé le sourire du sourd et le regard dans le vague Je garde le souvenir d’une douce enfance De barres de rire de belles vacances J’ai beau grandir mais quand j’y pense J’ai rien compris du mot souffrance Allez laisse-moi te dire encore une fois cette pensée condamnable Je peux lire l’avenir dans tes larmes On avait échangé notre sang autour de quelques verres de vin Deux ados insouciants de ce que les grands appelaient le lendemain On avait l’innocence le monde à portée de main Même si on s’allumait dans l’ivresse on savait qu’on pouvait se faire confiance Que chaque moment qui passe renforcerait nos liens Dans tous nos pas et toutes nos traces tu seras toujours parmi les miens Voilà ce qu’on se disait entre potes du moins je crois qu’on se le disait entre deux portes Avant qu’une maladie t’emporte C’est vrai que j’étais parti depuis longtemps et pourtant J’ai compté les étoiles sur la voie lactée Pour voir que la tienne s’était éteinte et ça je l’ai regretté J’ai rien à rajouter maintenant je sais que la mort n’est plus une crainte Pourtant je repense aux temps joyeux Où sans gêne on se mettait à genoux pour attendrir les plus jolies En fait on était jeunes et jamais jaloux des trajets Qui parfois divergeaient mais rarement dérangeaient Jusqu’à ce jour je n’ai pas trop fait de vagues J’ai gardé le sourire du sourd et le regard dans le vague Je garde le souvenir d’un véritable ami Le genre de potes à qui j’ai dit je serai le gardien des tes nuits Minuit passé je regarde ma plume tracer ces lettres qu’on ne pourra effacer Allez laisse-moi te dire encore une fois cette pensée condamnable Je peux lire l’avenir dans tes larmes
12.
Je parle votre langue Je vous souhaite la bienvenue dans un voyage très ordinaire Il me faut plus de dix mots pour développer son vocabulaire J’ai survolé quelques langues en fait je crois être monoglotte Grandes histoires ou modestes monologues je déniche les mots cachés au fond des grottes C’est une langue avec ses codes ses indices et ses accents Le stylo collé à l’index on travaille syntaxe et placements C’est une caravane de mots et chaque phrase est une escale Entre le sordide et le beau mais ses reflets restent pâles On la parle en la criant certains diront en l’aboyant Les poètes sans moyens savent aussi être flamboyants On avance en louvoyant mais en nous voyant vous vous dîtes encore une langue de voyou Pourtant ma langue est belle et bien pendue et elle vous regarde vous A la recherche de l’argot perdu on la met à nu on lui retire son masque On lui donne vie sur scène ou dans la rue entre elle et nous y’a comme un pacte On marche mots dans la main certains restent collés à nos basques On réinvente les lendemains et chaque parole est comme un acte Ma langue est parfois lente quand elle lance des ultrasons en direction de l’outre ciel Parfois elle s’accélère et ne laisse aucune trace sur le sol Elle est fugace et volatile fragile comme un battement de cils Mais elle peut être féroce comme une fille qui s’enfuit On la parle en la criant certains diront en l’aboyant Les poètes sans moyens savent aussi être flamboyants On avance en louvoyant mais en nous voyant vous vous dîtes encore une langue de voyou Pourtant ma langue est belle et bien pendue et elle vous regarde vous Ma langue est noctambule la nuit est l’hôte de nos plumes Et le matin nous dit qu’il fait encore un temps de poème Elle aime tresser les mots avec les mots pour qu’ils se perdent quand elle articule Elle aime se perdre elle-même au travers d’autres latitudes Ma langue est paresseuse elle est discrète elle prend son temps Elle disparaît parfois et secrètement se fait attendre Puis brusquement un bruissement se fait entendre Et je soulage sa soif dans de grands verres d’encre On la parle en la criant certains diront en l’aboyant Les poètes sans moyens savent aussi être flamboyants On avance en louvoyant mais en nous voyant vous vous dîtes encore une langue de voyou Pourtant ma langue est belle et bien pendue et elle vous regarde vous Ma langue n’est guère docile elle ne maîtrise pas les mots lorsqu’ils se télescopent Elle se défend mais se déforme dans les miroirs des kaléidoscopes Elle devient alors incontrôlable l’abîme surgit de nos poitrines Elle se détend et se dévoile semant quelques pensées intimes Je parle votre langue vous la trouvez parfois sauvage Pourtant elle vous ressemble il se pourrait qu’elle nous rassemble Car nos langues se partagent il s’agit juste d’apprentissage Elle prendrait tout leur sens si on les parlait tous ensemble On la parle en la criant certains diront en l’aboyant Les poètes sans moyens savent aussi être flamboyants On avance en louvoyant mais en nous voyant vous vous dîtes encore une langue de voyou Pourtant ma langue est belle et bien pendue et elle vous regarde vous
13.
Pardon docteur Ma solitude est un glaçon qui fond dans toutes sortes de liquides Comme ces rivières de son où flottent quelques noms de filles J’arriverai pas à la dire en fait j’ai pas de conversation J’aurais bien quelques mots pour rire mais par instinct de conservation Les grands timides se taisent et disent rarement je t’aime Je me réfugie derrière ma pile de textes en attendant qu’on me dise je t’aime Comme un rasoir jetable les belles histoires ne durent pas longtemps A la fin elles font mal elles ont le goût d’un passage tranchant Mais chaque regard touchant me dit que mon cœur pourrait flancher D’un baiser sur la bouche je serais capable de m’épancher Je prendrais des cours de chant et même des bains de boue Je passerais mon dimanche à Auchan et tous les jours 8h debout Je serais jamais méchant et tous les jours de bonne humeur J’aurais l’intelligence de te dire t’es belle au moins toutes les demi-heures Je me dirais que j’ai de la chance mais je me dirais aussi que tu me saoules un peu Que quand j’y pense un peu si j’étais seul ce serait peut-être mieux Refrain 1 – 2 Pardon Docteur quand je suis tout seul je voudrais être deux Mais tant que la vie à deux me saoule je préfère être … 1 – 2 Je vous dis que je préfère être seul autant que faire se peut Mais tant qu’à faire les deux … Ça fait déjà douze ans de vie qu’on a presque en commun Sans compter les gamins le compte en banque et le crédit de la salle de bains Dans laquelle tu t’enfermes pour te refaire les mains J’m’en fous j’ai ma nouvelle voiture et toi tes nouveaux seins Notre vie est belle et simple comme nos amis super sympas Pour toutes nos connaissances tu es super maman et moi super papa Pourtant il n’y a que toi qui ne saches pas Que je sais que tu as couché avec Patrick le soir où j’ai serré Cynthia A ce propos mon amour j’ai remplacé l’ampoule de la cuisine Racheté du Décapfour et puis des couches pour Mélusine Mais à propos d’amour je crois que demain ça fera 6 mois Que l’on s’endort en boule sans même se faire une bise Pour les vacances d’hiver en fait c’est sûr je partirai seul Et comme tu bosses je te laisse les gosses et toute la pile de vaisselle sale Je vais pas te sortir des balivernes tu sais très bien que je t’aime Au moins autant que ma maîtresse et si tu me quittes j’aurai de la peine Refrain Je suis une femme très très moderne donc forcément très très mature Aucun désir ne me gouverne je gère très bien mes aventures Quelques erreurs posthumes à l’arrière des voitures Me rappellent la posture d’un postérieur que je donnais pour de la thune Après quatre ans d’études de droit j’essaye de marcher droit Fini les trucs à 3 et de craquer pour des gars maladroits Car dans mon corps trop à l'étroit et trop souvent montrée du doigt J’avoue avoir eu plus d’une fois des réveils regrettables A côté de gars qu'avaient même pas la force de dire qu’ils m’aimaient pas Et d’autres gars qui me voyaient mère après le premier soir J’ai eu tellement d’amants tellement d’émois tellement de maux d’amour Que si on me le dit poliment je serai encore capable d’y croire Mais je passe mon temps à boire à traîner dans les bars Comme dans un rêve je cherche du regard cet homme qui m’emportera Qui me dira je t’aime et rallumera la flamme Qui fait de moi cette femme qu’on effleure du bout des doigts
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Je suis un grand mytho J’ai tellement répété mes textes que je suis le premier à m’en lasser Pourtant ma vie sans l’écriture c’est comme une chaussure sans lacets J’ai tellement rappé et slamé que mes lèvres sont toutes gercées Quand j’ai compté tous mes couplets j’ai vu le papier se mettre à pleurer Je suis un rappeur qui se dit poète et je fais plein de trucs avec les mains Va dire aux poètes qui se disent rappeurs c’est moi le meilleur des mots Et si la question se pose la réponse aura la posture de la rage Va demander au 129H au fait c’est quoi le slam sauvage Car après tout je suis né rappeur et ça faut surtout pas que je l’oublie Un peu conteur mais pas menteur ça remonte à mon tout premier cri J’écris pour moi faut pas que je me noie c’est comme une bouée de sauvetage Et puis au fait demandez-moi je sais ce que c’est le slam sauvage A ma naissance mon père m’a trouvé pâle ma mère trouvait que je parlais trop Dans la clinique mouvement de panique quand je leur ai dit « mais qu’on me passe ce putain de micro » J’ai fait flipper les fées qui se sont penchées sur mon berceau Elles voulaient toutes piquer mon flow mais j’ai jamais lâché le morceau Depuis j’essaye de dire tout haut ce que certains murmurent tout bas En scred c’est vrai je le dis pas trop : c’est moi qui écris les textes de Booba Entre rappeurs c’est la coutume à un moment faut qu’on se la pète Malheureusement j’ai pas le costume et aucune tresse sur ma tête Je dis toujours « je » et je parle de moi au singulier Et je suis de ces jeunes qui ne peuvent parler sans gueuler Je suis dans un jeu où seules les phrases sont régulières Mais j’ai le cœur léger autant que mes rimes sont des guerrières Je fais du Hip-Hop sous la douche et même du Hip-Hop quand je dors J’ai toujours les mots à la bouche et de ma gorge ça déborde Pour Apostrophes Bernard Pivot passait toujours un petit coup de fil Quelle catastrophe pour l’émission depuis que j’ai changé de mobile Dans mes concerts personne ne bouge seules les têtes sont mobiles Depuis que je rappe tout le monde voit rouge et Kool Shen joue aux playmobils Et ça c’est mon ego un mégalo mais en plus gros Et j’ai tellement les crocs que j’en oublie d’être rigolo « Just a un grand mytho everywhere I go… » J’écris des textes super longs et j’vous fais croire que je suis super bon Si les mythos marchaient en bande et bien je serais chef d’escadron J’ai la dégaine d’un rat d’égout sous mes airs de rappeur dégourdi J’suis comme Stommy je manque de goût faudrait que je me fasse des bigoudis Dans mon quartier je me fais charrier tout le monde m’appelle Harlem Depuis qu’il est sorti du château ma vie n’est qu’une suite de problèmes De quiproquos je sais plus qui je suis y’a trop de pourquoi de quoi de qui Mon nez s’allonge comme Pinocchio chez les mythos I’m the King Dans le 19ème j’leur ai fais croire qu’on m’appelait Grand Corps Malade Sur Saint-Denis quand je me ballade je dis que je suis D’ de Kabal Dans le 18ème je suis Neobled et sur Clichy je suis Dagobleen Dans certains bars je suis Hocine Ben pour tous je suis un gobe lune Mais je me fais plus passer pour Nada c’est trop de galères pour les nanas Et si on me demande « c’est qui Rouda ? » là je réponds « franchement je sais pas » La vérité c’est si je mens pas mais si je m’en bas y’aura plus de vérité Moralité chacun de mes pas est un débat même en hiver j’arrive à croire que c’est l’été Là c’est la fin de mon texte bon j’avais encore 3 ou 4 couplets En vérité il faut que je me presse je suis attendu chez les Barclay Au fait Jacky faudra que tu penses à me dire merci pour tout ce que tu fais Et pour tous ceux qui rentrent sur Saint-Denis il me reste des places dans ma Bentley
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Train de vie poétique Je n’invente pas de nouveau style je sais que les temps sont pas faciles Et que nos peines sont pas factices je ne dis pas que ma vie est fantastique Mais d’un point de vue pratique et je fais dans le synthétique Si t’analyses on diagnostic très vite un train de vie poétique Rien à boire un frigo vide des mégots qui s’empilent Et des sachets de friandise des chaussettes identiques Des tas de stylos bille des chansons un peu tristes et de la fainéantise Des allures de bidonvilles et puis ce son qui m’hypnotisent Des tracas dans la vie des stylos vides et un peu de chit Quelques traces sur les vitres et Jean Genet à la bougie Des nuits idéalistes sans érotisme et d’autres pleines de magie Des jours un peu autistes et sans logique les gens m’appellent l’artiste Des joies des tragédies des trajets qui dévient Un cœur un peu fragile des projets des défis Des choix des jeux de voix et je vois le temps qui s’enfuit Brindille ou bout de bois je presse le pas on m’a dit Rouda soit rapide J’ai dit OK d’accord OK pour tous les corps à corps Mais reste encore un peu inquiet sur les principes de cet accord Car c’est trop fort dès qu’un mot sort de la bouche de mon petit corps Y’a comme un sort tout se déforme ça va très vite et le fond n’est plus la forme Rafale de mots j’affole le mic au fond de moi un filament qui fout le waï Donc voulez vous un peu de folie dans le flow Je raffole d’amour de filles en rêve un peu enfant agoraphobe Je me fous des mailles je suis la scène dîtes moi si je fais ce qui faut J’y passe du temps je mitraille je travaille chaque détail Je cherche les failles et teste les phases conteste ou pas je reste de marbre Bout de paille je lève la garde de petite taille au visage pâle écoute je te parle Avant que je me taille je m’entraîne un peu comme les jedis Bienvenue dans la bataille car j’ai une longue ligne de vie Une longue pile de rimes une envie de les dire une onde digne de vivre Appelle moi la brindille je ne pousse que sur les murs de briques Et je n’attends pas le vendredi pour prendre mon train de vie poétique Poète a capelle qui parle debout qui tente le coup Qui squatte tout qui s’tâte le pouls qui reste jusqu’au bout Mes textes mis bout à bout sont tout à vous ils coulent en goutte à goutte Et tous avouent avoir un grand besoin d’écoute De vous à moi un peu comme vous je vous avoue avoir le goût De mettre les bouts de bouger loin des bouches d’égout Que voulez vous à tous les coups J’ai besoin des mots par bouchée double Ça fait un bout de temps que je pousse dans ce bout de métal blanc que je tousse quand Je slame sur douze temps Inconstant je suis un peu distant laisse moi cet instant sinon j’étouffe sans Ma vie n’est pas douce pour autant j’écris la bouche pleine de sang J’essaye de toucher tous les sens c’est bien la poésie que j’épouse, non ?
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Les blancs ne savent pas rapper Mais qu’on me passe ce putain de mic’ et que l’orage s’élève de nos lèvres Que nos regards s’élèvent dans ce monde si laid 129H célèbre le verbe Se compromet pour mettre des patates au mic’ des patates aux mecs Pour mettre de côté des pépettes honnêtes mais pas de survet nike Donc passez-nous ce putain de mic’ avec ou sans fil pour les backs HF ou hygiaphone au cœur des bars mais jamais dans les boîtes Tu dis c’est qui ces trois gars qui déboulent dégagent à tous les coups Font des dégâts déballent foutent les MC’s au fond du trou Mais du fond du cœur on se dit peut-être poètes On a beau être rappeurs sans oublier d’être bête Peut-être slameurs pour les esthètes peut-être on fera bouger les têtes Même si c’est pas l’été t’inquiète Tant que le beat est sec et tout plein de breaks voici le gringalet le sec Mon faible gabarit contient mon vague à l’âme mais gare à l’eau qui dort Même sous un corps d’insecte Paraît que les blancs savent pas rapper mais passez-moi le mic’ Une p’tite minute a capella laissera plus d’un MC stoïque Les hystériques dressent l’historique des mystères poétiques Une liste horrible de textes de rimes un rappeur squelettique Et rien ne tarit le flow de mon collectif Rien à branler rien à foutre à part foutre des branlées Tout à prouver mais rien à faire rien n’a changé sur nos routes Rien à vendre tout à prendre rien à craindre des coups à rendre Marre d’entendre des cons de perdre son temps on a plus le temps d’attendre J’rappe en dehors des temps Un blanc qui s’excite autant ça c’est embêtant Mais tant que c’est entêtant mon flow s’étend avant que mon texte s’éteigne J’ai bien 30 ans et ça c’est important Attends attends entends tonton j’suis entêté têtu Et si je me tais devant ta lassitude tu me diras qui es-tu ? J’te répondrai le R le O le U et j’ajouterai le D le A 129H putain ça fait déjà cinq ans qu’on évolue et ça c’était voulu Voulez-vous chanter avec nous ? J’m’en fous des qu’en dira-t-on ou ce que diront les racontars Mon son dira prendra des rides et grandira avant qu’il soit trop tard Stop ! Tu vas voir un babtou qui joue là son va-tout Mmmh pardon pour la quinte de toux Tais-toi où vas-tu t’étais où t’es pas fou Cet été on t’a vu en tutu faut que t’avoues C’était qu’on a vu que t’avais rendez-vous Qu’on avait entendu que ta vie c’était flou On me dit que les blancs savant pas rapper j’m’en contrefous On me dit qu’ils ne savent pas danser et qu’ils chantent faux Faux qu’ils ne savent pas se saper que leur couleur rend flou Faut pas nous prendre pour ce qu’on est pas Parler de ce qu’on ne connaît pas juger ce qu’on connaît pas En connaissance de causes j’en parle Lyor Néo et Rouda J’m’en bats me débats et combats pour mes gars J’emballe le débat d’mes déboires ici bas Taper des barres plomber des bars on reste sur nos gardes Mais gare au gamin qui s’égare par mégarde garde une gomme en main Sans passer par la case départ je fais mes gammes J’regarde et vois et c’est un vrai régal Si t’en as ras le bol de mon grain de voix ça m’est égal Egal à moi le gaouli le blanc du 20ème à Pigalle Le titi parigot la brindille sur Panam Un stylo dans une main pour assécher les larmes Mais c’est avec le mic dans l’autre main que je voudrais rendre l’âme Donc merci beaucoup messieux dames même si sur ce coup Je ne vous secoue pas que ce couplet vous semble interminable Appelez ça du rap de la soupe du spectacle ou du slam Ça reste et restera sauvage car nos lyrics nos textes s’abattent sur la table
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Arrêtez-les 02:53
Arrêtez-les Allez-leur dire de notre part que personne ne nous arrête Que notre musique est un rempart sur lequel se brisent toutes les tempêtes Voici l’alliance originelle et rare du silence et du poète Qui donne naissance en ce soir à une essence secrète Dites leur aussi que personne ne peut stopper les éléments Que les phénomènes les plus troublants ne s’expliquent pas forcément Et dites leur bien que rien n’est plus solide que le diamant Qu’on ne peut détruire ce qui agit consciemment Est-ce qu’on arrête la vague qui vient s’écraser sur le sable  Est-ce qu’on arrête l’orage qui éclate en rendant le ciel stable Est-ce qu’on empêche les nuages de faire le tour de la terre avec des câbles Est-ce qu’on empêche le feu tout simplement de faire des flammes ? Donc s’ils vous disent « arrêtez-les » répondez leur que personne ne nous arrête Mais s’ils insistent combattez-les faîtes leur comprendre que nos armées sont prêtes Et dîtes leur sans délai que des douleurs qu’ils ont fait naître Bientôt s’écoulera le lait qui viendra nourrir nos révoltes Allez leur dire par-dessus tout que nous sommes une espèce peu docile Que pour s’échapper d’ici il nous suffira d’un battement de cils Nous ferons sauter les garde-fous et les murailles invisibles Et nous resterons debout devant leurs valeurs risibles Allez leur dire qu’on sait déjà ce qu’ils vont dire Qu’ils vous ont dit de nous qu’on avait dit qu’on préférait les voir mourir Et pas seulement de rire vu qu’on prépare le pire De nos soupirs de nos silences pour voir s’écrouler leur empire Est-ce qu’on arrête les poètes quand ils vont se cacher pour écrire Est-ce qu’on empêche les tristes sorts de faire de nous de tristes sirs Est-ce qu’on empêche les planètes de naître d’émettre puis de mourir sans un cri Est-ce qu’on arrête l’élève quand il dépasse le maître dans tout ce qu’il écrit ? Allez leur dire que nous sommes jeunes et que nous avons le temps d’attendre Qu’au lieu de tendre l’autre joue nous aurons quelques coups à rendre S’ils souhaitaient qu’on s’endorme qu’on abandonne ou qu’on se pende La seule réponse qu’ils vont entendre c’est « casse-toi tu pues t’es pas de ma bande » Et dites leur bien que nous sommes nombreux à remuer dans l’ombre Que nos bombes étendront des couleurs sur les murs les plus sombres Et pour finir murmurez-leur que même les murailles les plus solides un jour s’effondrent Qu’ils seront le seul phénix à ne pas renaître de ses cendres Allez leur dire de notre part que personne ne nous arrête Que notre musique est un rempart sur lequel se brisent toutes les tempêtes Voici l’alliance originelle et rare du silence et du poète Au fait, la fin du texte est muette ………………………………………………………………
18.
Le conte des 1001 peines Ce qui va suivre n’est pas une page qui se tourne Mais plutôt toute une pile de livres qui s’écroule Ma vie est un visage dont le regard se détourne Dans les méandres d’un passage où y’a même pas d’issue de secours J’aurais aimé que ce texte ne soit pas si terne Et qu’à son terme on conteste que je sois taciturne Mais quand le poète pleure il lui faut plus qu’une citerne Pour contenir le fleuve du conte des mille et une peines J’ai compté mille et une nuits avant d’entendre cet appel  On n’a pas mille mais une vie pour que douleur devienne lanterne Pour que le chat devienne panthère que le poème devienne comptine Que la lumière se fige en cire quand la bougie se calcine J’ai connu mille et une haines allez savoir pourquoi seule la dernière compte J’ai croqué mille et une scènes d’une encre pourpre et froide comme la fonte Mon conte des mille et une peines n’est pas une plainte mais une estompe Où les ombres s’apaisent au moment de la dernière goutte A chaque fois qu’on se jure cette fois c’est la dernière fois On souhaite conjurer le sort de ce qu’on laisse derrière soi Une silhouette se dessine lorsque la nuit achève le soir C’est le poète sur une estrade recouvert d’un foulard de soie Et si ce texte vit moins longtemps qu’un château de sable Je serai cet enfant qui dresse des barricades pour le défendre des vagues Et s’il en reste quelque chose j’en ferai des chapitres ou du son Faîtes juste que les larmes de sang ne deviennent des lames de fond Mesdames et messieurs je vous parle du fin fond de mon âme Pour qu’au fin fond des cieux on sache ce que ma plume entame Qu’on sache aussi que seul le silence me condamne Qu’on sache enfin que rien ne sèche à part les larmes J’ai usé mille et une consonnes pour mille et une syllabes Epuisé le verbe sous toutes ses formes pour en tirer les plus belles fables Car ce qui ne tue pas nous rend plus fort comme dit si bien Grand Corps Malade Et nos blessures se transforment pour donner corps à l’impalpable Je l’ai crié si fort que même les mots se sentent coupables De devenir des métaphores des figures de style malléables Si l’écriture fonctionne comme un gilet pare-balles Voici mon stock d’impacts et tout mon sac de paraboles C’était le dernier témoignage d’un rappeur de gouttière Une succession d’images pour ceux qui pensent avoir un cœur de pierre Et si ce texte vous a plu s’il vous plaît n’applaudissez pas J’aurai mille et une poésies de plus si celle-ci ne suffit pas Et si ce texte vit moins longtemps qu’un château de sable Je serai cet enfant qui dresse des barricades pour le défendre des vagues Et s’il en reste quelque chose j’en ferai des chapitres ou du son Faîtes juste que les larmes de sang ne deviennent des lames de fond
19.
Un jour peut-être Un jour peut-être tout cela sera plus facile à dire Je pourrai m’endormir avec tes regards ta voix et ton sourire Un jour peut-être je te verrai ailleurs que dans mes rêves Ailleurs que dans mes rues j’ai encore le goût de tes lèvres Un jour peut-être je n’aurai plus du tout de haine Et plus du tout de peine lorsque je comprendrai les tiennes Un jour peut-être j’apprivoiserai l’absence et la colère Je donnerai aux collines ton nom et celui de ton père Tu vois Nina je ne t’oublie pas comment pourrai-je le faire C’est toi qui m’as appelé Rouda Qui m’as dit fonce ne baisse jamais les bras Tu sais très bien que t’es un poète J’espère que là où t’es tu es bien que tu me vois Et que tu entends ma Musique des Lettres
20.
In bed with Georges Bush I’m in the bed with Georges W. Bush En fait je suis dans le bad j’ai peur que cet homme me touche Il sort de la salle de bains il vient de prendre sa douche S’allonge sur son matelas se sert contre sa peluche Georges dort mal Georges n’a pas sommeil Il pense à l’empire du Mal et dans ses draps cherche conseil Georges a mal au ventre Georges ne dort que d’un œil Il aimerait remonter la pente mais il n’a pas trouvé de treuil Il a pas mal de pétrole mais pas beaucoup d’idées Alors il se console dans l’alcool je vous en supplie il faut m’aider Je suis sa femme mais il m’appelle Saddam lorsque l’on fait l’amour Parfois il s’enflamme et croit sodome le Mollah Omar Il m’oblige à porter la moustache Un pastiche qu’il range dans le placard avec les godemichés Souvent il aime aussi que je l’attache Et que je lui chante « It’s fun to stay at the Y.M.C.A. » Y’a deux semaines il a voulu que je prenne de cours d’arabe Il voulait que je l’insulte dans son costume de femme afghane Depuis je porte des babouches et le prend dans ma bouche pendant qu’il fume du hash « C’est la mère Bush qui a perdu son chat » Depuis le 11 septembre son sexe est comme de la viande tendre Elle était droite comme un avion maintenant pathétiquement je la vois pendre Georges W. n’arrive plus à bander Georges W. bande mou La destruction du World Trade Center symbole doublement phallique Eut pour action de stopper ses ardeurs et dans son slip c’est la panique Des pulsions sataniques des fantasmes de détraqué Maculer l’Irak de son sperme, émasculer les imams Des mosquées de Moscou, des mosquées de la Mecque Georges W. n’arrive plus à bander Georges W. bande mou Mais Georges Bush s’en bat les couilles Et justement il se masturbe tristement Repasse en boucle des cassettes avec des acteurs talibans Et ses larmes se mélangent à son liquide séminal J’ai épousé un impuissant le Président est un minable Georges dort mal Georges n’a pas sommeil Il s’empare de son colt posé à côté du réveil Georges s’est décidé il va libérer son corps Georges a cru se suicider mais la balle ricoche encore.

about

1er album de Rouda avec Grand Corps Malade, Souleymane Diamanka, Omea, 129H.

credits

released October 25, 2007

Musique des lettres enregistrée et mixée par Fredo (Studio Haxo)
Assistants : Olivier Mantel, Vincent Forgue, Benjamin Falcon

Masterisée par Lionel Ricod (Translab)

Réalisation : Yovo M’Boueke et Nicolas Sélambin
Coréalisation : S Petit Nico (4 – 9 – 10 – 14 – 17 – 18) 

Compositeurs :
Jean Baptiste Dambroise (Diez Records) : 2 – 6 – 8 – 11
Nicolas Séguy (S Petit Nico) : 4 – 9 – 10 – 14 – 17 – 18 
Nicolas Sélambin (129H Studio) : 3 – 5
Julien Revel : 13 – 16
Felipe Saldivia : 12

Batterie : Cyril Atef (2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 8 – 11 – 13 – 16)
Basse : Yovo M’Boueke (2 – 3 – 5 – 11 – 13 – 16) et Johan Eche-Puig (14)
Contrebasse : Felipe Saldivia (6) et Johan Eche-Puig (8)
Guitares : Iso Diop (2 – 4 – 5 – 6 – 14 – 16), Felipe Saldivia (12), S Petit Nico (10), Nicolas Sélambin (5)
Piano, claviers et xylophone : S Petit Nico (2 – 8 – 9 – 13 – 14 – 17 – 18)
Congas : Feed Back (14)
Accordéon : Fixi (6)
Programmation Protools : Yovo M’Boueke (7)
Violons : Fréderic Jouhannet (8 – 11 enregistrés au 129H Studio)
Flute et saxophone : Eric « Rico » Gaultier (3 – 11)
Scratchs : DJ Säy Sticky (2 – 3 – 11 – 16)
Chœurs : RiM, Camille Richard, Kanyor de Sonor (2 – 3 – 5 – 8)
Voix « Pardon Docteur » : L’espion (DC)
Voix « Les Blancs ne savent pas rapper » : Julien Revel

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ROUDA Paris, France

Rouda est un rappeur et slameur français. Fervent défenseur de la langue française, pionnier du mouvement slam, il est l'un des principaux passeurs d’une culture en ébullition qui vient en droite ligne du spoken word, et de la tradition des joutes vocales. ​ ... more

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